
Loi 2008-561 du 17 juin 2008, JO du 18
En juillet 2007, une étude menée par une commission sénatoriale avait souligné la nécessité de réformer le régime de la prescription en droit français. Un peu moins d’un an après, c’est chose faite ! Adoptée en juin dernier, une loi est venue ainsi réduire le nombre et la durée des délais de prescription (près de 250 délais différents avant la réforme !).
Rappel : la prescription se définit comme l’écoulement d’un délai pouvant créer ou, le plus souvent, éteindre un droit ou une obligation.
La durée de prescription est désormais abaissée de 30 à 5 ans pour les actions personnelles ou mobilières, c’est-à-dire celles qui concernent les rapports entre plusieurs individus (relations contractuelles ou responsabilité civile par exemple) ou les biens mobiliers. Les actions qui portent sur un droit de propriété afférent à un immeuble restent, quant à elles, soumises à la prescription trentenaire.
Ainsi, les actions entre commerçants et entre commerçants et non-commerçants se prescrivent désormais au bout de 5 ans, et non plus de 10. En matière salariale, ce même délai s’applique aux actions relatives aux salaires ainsi qu’à toute autre demande d’un salarié visant à obtenir le paiement d’une indemnité par son employeur.
À noter : par exception, la loi ne modifie pas certaines durées de prescription qui étaient déjà spécifiques. Tel est le cas notamment du délai de prescription des actions, intentées par les professionnels à l’encontre des consommateurs pour les biens ou les services qu’ils leur ont fournis, qui reste fixé à 2 ans.
Enfin, les parties à un contrat ont la possibilité d’aménager les règles de prescription applicable à leurs relations contractuelles, à condition de ne pas fixer une prescription inférieure à 1 an ou supérieure à 10 ans.
Attention : la durée de prescription ne peut toutefois pas être modifiée contractuellement dans les contrats conclus entre professionnels et consommateurs.
Après plus de deux mois de débat, le Parlement a définitivement adopté la Loi de Modernisation de l’Économie. Selon le vœu de Christine Lagarde, ministre de l’Économie, de l’Industrie et de l’Emploi, ces différentes mesures devraient être applicables à compter du 1er janvier 2009.
• Mesure n°1 : Créer un statut simplifié pour les petits entrepreneurs
Il s’agit de créer un régime simplifié et libératoire de paiement par les petits entrepreneurs de leurs impôts et de leurs charges. Une simple déclaration suffit, sans obligation d’immatriculation au registre du commerce et des sociétés ou au répertoire des métiers. L’auto-entrepreneur peut s’acquitter forfaitairement de ses charges sociales et de ses impôts uniquement sur ce qu’il gagne, mensuellement ou trimestriellement (forfait de 13 % pour une activité commerciale et de 23 % pour une activité de services). Le versement est libératoire des charges sociales et de l’impôt sur le revenu. De plus, l’auto-entrepreneur n’est pas soumis à la TVA. Le micro-entrepreneur qui choisit le statut est exonéré de taxe professionnelle pendant trois ans.
• Mesure n°2 : Protéger le patrimoine personnel des entrepreneurs individuels
La loi étend la protection du patrimoine des entrepreneurs individuels à tous leurs biens fonciers (bâtis et non bâtis) non affectés à l’usage professionnel ; les éléments du patrimoine déclarés insaisissables pourront désormais être sortis du régime de l’insaisissabilité dans leur ensemble ou individuellement ; le dirigeant qui s’est porté caution d’une dette de son entreprise pourra, dans certains cas, demander le réaménagement de l’engagement de caution dans le cadre de la procédure de surendettement. L’entrepreneur individuel pourra créer des fiducies, comme peuvent déjà le faire les sociétés.
• Mesure n°3 : Réduire les délais de paiement
La loi prévoit un plafonnement par la loi des délais de paiement à soixante jours, puis une phase de négociation secteur par secteur et une possible nouvelle intervention législative à échéance d’un an en cas d’échec des négociations, de telle sorte que la poursuite de la réduction des délais de paiement s’inscrive dans un calendrier précis, progressif et contraignant
• Mesure n°4 : Délivrer une information personnalisée et opposable à l’administration sur les prélèvements sociaux des PME : le rescrit social
Afin de renforcer la sécurité juridique des cotisants, la loi étend considérablement les possibilités ouvertes en matière de rescrit. Toutes les demandes relatives aux exonérations de cotisations de sécurité sociale et aux exemptions d’assiette pourront faire l’objet de demandes de rescrit auprès des Urssaf. La loi permet la création d’un rescrit social pour les artisans, les commerçants et les professions libérales, s’agissant des exonérations de cotisations de sécurité sociale ainsi que des conditions d’affiliation. De plus, la loi prévoit un délai de réponse de l’administration de 3 mois maximum.
• Mesure n°5 : Simplifier le droit applicable aux PME
La loi simplifie le droit des sociétés applicable aux PME, dont celui des sociétés à responsabilité limitée unipersonnelles (EURL) mais également les sociétés par actions simplifiées (SAS), en rendant optionnelle pour les SAS la certification de leurs comptes par un commissaire aux comptes.
La déclaration sociale de revenus établie annuellement par les travailleurs indépendants, pour permettre le calcul de leurs cotisations sociales, est supprimée à compter de 2010. Les données, qui ne seront plus recueillies par cette déclaration, seront transmises aux organismes sociaux par les services des impôts, à partir des déclarations établies pour le calcul de l’impôt sur le revenu.
• Mesure n°6 : Atténuer l’effet des seuils financiers
La loi crée une période de gel expérimental sur trois ans (jusqu’à fin 2010) et un lissage sur quatre ans pour les entreprises qui passent un des seuils de 10 ou de 20 salariés.
• Mesure n°7 : Moderniser les instruments de capital risque
Un cadre juridique compétitif pour les fonds d’investissement, un assouplissement du régime des fonds d’investissement de proximité (FIP), une utilisation plus simple des outils de capital risque communautaires.
• Mesure n°8 : Inciter à la création de sociétés
La loi prévoit de créer un cadre fiscal favorable aux sociétés en amorçage, à l’image de ce qui existe déjà aux États-Unis. L’entrepreneur peut désormais combiner un régime de société à responsabilité limitée et bénéficier d’une imposition de ses résultats au niveau de ses revenus propres (principe de transparence fiscale).
• Mesure n°9 : Accorder aux PME innovantes un traitement préférentiel dans les marchés publics : le Small Business Act à la française
À titre expérimental, et pour une période de cinq ans, les acheteurs publics pourront traiter de façon préférentielle les PME innovantes ou leur réserver une part de leurs marchés publics, ce qui facilitera leur développement.
• Mesure n°10 : Favoriser une évolution plus juste des baux commerciaux.
La loi valide l’accord passé entre plusieurs fédérations de propriétaires et de locataires sur l’instauration d’un nouvel indice de révision des loyers permettant d’éviter de trop fortes variations annuelles liées à la forte hausse ces dernières années de l’ICC (indice trimestriel du coût de la construction), et de mieux tenir compte de l’évolution de l’activité des commerçants et des artisans. La loi modernise également sur plusieurs points le régime des baux commerciaux.
La loi Fillon portant réforme des retraites du 21 août 2003 a profondément réformé le régime social des contributions patronales au financement d’un régime de prévoyance (retraite, santé, incapacité, invalidité, décès).
Pour continuer à bénéficier de l’exonération des cotisations de Sécurité Sociale et de la déductibilité fiscale des cotisations, vous devez veiller à la conformité de vos régimes en place.
Les conditions à respecter pour les régimes collectifs à cotisations définies :
Plus particulièrement pour les contrats de retraite :
Plus particulièrement pour les contrats santé :
En cas de non respect de ces conditions, vous perdez tous vos droits à exonération des cotisations de Sécurité Sociale et à déductibilité fiscale des cotisations.
De nouvelles limites fiscales et sociales sont mises en place à compter du 1er janvier 2009 : elles peuvent dans certains cas diminuer vos droits à exonération des cotisations de Sécurité Sociale et de déductibilité des cotisations.
|
|
Limites sociales |
Limites fiscales
|
|
Retraite |
Le montant le plus élevé entre :
· 5 % du Plafond Annuel de la Sécurité Sociale, PASS (33 276 € en 2008)
· 5 % de la rémunération soumise à cotisation de Sécurité Sociale* limitée à 5 PASS, sous déduction de l’abondement au Plan d’Epargne Retraite Collectif (PERCO) s’il existe dans l’entreprise
|
· 8 % de la rémunération brute limitée à 8 PASS, sous déduction de l’abondement au Plan d’Epargne Retraite Collectif (PERCO) s’il existe dans l’entreprise |
|
Santé
Prévoyance |
· 6 % du PASS + 1,5 % de la rémunération soumise à cotisation de Sécurité Sociale* avec un maximum de 12 % du PASS
|
· 7 % du PASS + 3 % de la rémunération brute, avec un maximum de 3 % de 8 PASS |
Il est fréquent que les entreprises mettent en place, au bénéfice de leurs salariés, des contrats d’assurance ou de prévoyance groupe. Cette mise en place est souvent rendue obligatoire dans une branche professionnelle par la convention collective.
Mais, dans ce cas, et en application de l’article L 141-4 du Code des assurances, l’entreprise qui souscrit un tel contrat d’assurance groupe au profit de ses salariés est tenue de remettre aux adhérents une notice établie par l’assureur, qui définit les garanties et leurs modalités d’entrée en vigueur, ainsi que les formalités à accomplir en cas de sinistre.
Cette notice revêt une importance particulière dans la mesure où, selon la jurisprudence, elle détermine les droits des assurés ou de leurs ayants droit. Ainsi, les exclusions de garanties prévues au contrat ne leur sont pas opposables si la notice n’en fait pas état.
En conséquence, dans le cas où l’entreprise n’aurait pas remis cette notice à ses salariés, elle court le risque d’être condamnée à verser des indemnités à un salarié qui se verrait refuser la prise en charge d’un risque, exclu du contrat. En effet cette exclusion peut ne pas être opposable au salarié qui l’ignorait faute d’avoir eu communication de cette notice.
En France, 90 % des inventions et innovations (logo, procédé technique, logiciel…) sont réalisés par des inventeurs qui sont aussi des salariés. A qui appartiennent-elles ? Au salarié ou à l’employeur ? Le dirigeant est-il sûr de pouvoir les utiliser librement ? Dans le droit anglo-saxon, la propriété appartient à celui qui exploite commercialement l’œuvre ou l’invention. Le droit français en matière de propriété industrielle et propriété littéraire et artistique est plus complexe.
La loi récente portant réforme des successions (loi du 23 juin 2006 portant réforme des successions et des libéralités) a considérablement assoupli la procédure de changement de régime matrimonial permettant ainsi à chacun d’en bénéficier à moindre frais.
Les personnes mariées peuvent avoir intérêt à modifier après un certain nombre d’années leur régime matrimonial. Tel est le cas par exemple de ceux qui, faute de contrat, sont soumis au régime légal de la communauté réduite aux acquêts, ou ceux qui avaient choisi un contrat au moment de leur mariage et ne le trouvent plus adapté aux circonstances actuelles.
Jusqu’à présent, la procédure à suivre était relativement longue et quelque peu onéreuse. Il était indispensable de demander à un notaire de rédiger le nouveau contrat de mariage. Ensuite, les époux devaient soumettre le nouveau contrat, par l’intermédiaire d’un avocat, à l’homologation du Tribunal de Grande Instance de leur domicile. Le Tribunal se prononçait au vu de l’intérêt de la famille, généralement plusieurs mois, voire parfois un an après les premières démarches entreprises par les époux.
Depuis le 1er janvier 2007, cette procédure de changement de régime matrimonial est devenue beaucoup plus simple dans de nombreux cas.
La suppression de l’homologation judiciaire
Désormais, les deux époux disposent d’une très grande liberté pour choisir au cours de leur mariage les nouvelles dispositions qui vont régir leurs relations patrimoniales.
Le changement opéré va se traduire dans le nouveau contrat rédigé par le notaire et le plus souvent sans procédure d’homologation devant le Tribunal.
Le recours à l’homologation judiciaire n’est plus systématique mais est en revanche imposé dans deux cas précis :
Dans cette hypothèse, le changement de régime matrimonial demeure soumis à l’homologation du Tribunal, que l’enfant mineur soit commun au couple ou né d’un seul des époux.
Quand l’une ou l’autre de ces personnes manifeste son opposition au changement de régime matrimonial, le nouveau contrat de mariage est aussi soumis à l’homologation du Tribunal. La procédure est alors similaire à celle qui était mise en œuvre auparavant. Ces personnes sont donc informées du changement de régime matrimonial conformément aux dispositions introduites par le décret du 23 décembre 2006 et l’arrêté publié le même jour. Les enfants majeurs et les parties au contrat sont informés personnellement. En revanche, les créanciers sont informés du changement à intervenir par la publication d’un avis dans un journal d’annonces légales publié dans l’arrondissement ou le département du domicile des époux. Les uns et les autres disposent d’un délai de trois mois pour manifester leur opposition auprès des époux et du notaire, rédacteur du nouveau contrat.
Face à cette opposition, les époux doivent alors présenter par l’intermédiaire d’un avocat une requête en homologation devant le Tribunal de Grande Instance.
En résumé, la procédure est simplifiée pour les époux :
Conditions et effet du changement de régime matrimonial
Certaines conditions pour changer de régime matrimonial sont maintenues.
Ainsi, on ne peut pas modifier son régime matrimonial au cours des deux premières années du mariage.
De même, la condition de fond du changement de régime matrimonial demeure l’intérêt de la famille qui se confond presque toujours avec l’intérêt des deux époux.
En revanche, la réforme a imposé une nouvelle condition, à savoir la liquidation préalable du régime matrimonial modifié.
Elle est imposée à peine de nullité. Cependant, on s’est demandé si une telle liquidation était toujours opportune lorsque les époux ajoutent seulement à leur ancien contrat quelque nouvelle clause, sans vraiment changer la nature du régime ou même modifier la composition des patrimoines.
Cette remarque pertinente a été entendue. Une loi du 5 mars 2007 a modifié le texte : « à peine de nullité, l’acte notarié contient la liquidation du régime matrimonial modifié si elle est nécessaire ».
Désormais, dans chaque cas, le notaire consulté décidera de la nécessité de procéder à la liquidation du régime.
L’effet attendu par les époux du changement de régime matrimonial est de soumettre leurs rapports patrimoniaux aux nouvelles règles choisies par eux.
L’affirmation est vraie pour eux mais aussi pour les tiers.
La loi précise à quelle date les nouvelles dispositions s’appliquent aux époux et aux tiers.
Pour les époux eux-mêmes, dans leurs propres rapports, le changement de régime matrimonial prend effet à la date de l’acte notarié quand l’homologation judiciaire n’est pas nécessaire. Quand le recours au Tribunal s’impose, le changement de régime n’a d’effet alors entre eux qu’à la date du jugement.
Dans les rapports avec les tiers, le changement de régime emporte ses effets à l’expiration d’un délai de trois mois à compter de la mention de l’acte de mariage des époux.
Ainsi simplifié, le changement de régime matrimonial est une mesure souvent utile, notamment pour assurer la protection de son conjoint et transmettre dans de meilleures conditions ses biens à ses enfants.
Depuis janvier 2008, le Groupe COGEP a mis en place une plateforme internet permettant à ses clients de tenir leur comptabilité en ligne sur un logiciel performant et synchronisé avec les outils informatiques du cabinet.
Le dispositif garantit la confidentialité des données saisies grâce aux identifiants et aux mots de passe attribués à chaque client.
Ce service vient remplacer, pour ceux qui le souhaitent, la tenue de comptabilité sur des bordereaux papier ou sur un logiciel installé dans l’entreprise.
La formation et l’assistance sont assurées par les spécialistes informatiques du groupe, dans l’entreprise pour la formation, par téléphone pour l’assistance technique.
Avantages du service proposé :
N’hésitez pas à contacter votre expert-comptable qui vous donnera toutes les précisions que vous pouvez souhaiter et vous mettra en relation avec nos formateurs.